Réformée… mon orthographe

Je pleure mon I dans l’ognon.

Je range mon portemine,

Et je quitte mon ile, chapeau bas.

Tel un vanupied je m’en vais.

Pas de quoi greloter pour autant,

Le vieux charriot de la réforme va-t-il nous emporter ?

Nous, les écoliers d’avant.

Avec nos lignes et nos dictées,

Notre orthographe à la con,

Nos dictionnaires et nos Bescherelle.

Tout ça pour quelques mots ?

Dis-moi monsieur Google, comment ça s’écrit maintenant poulailler ?

 

Je crois qu’il est temps de partir en weekend… :D

Que celui ou celle qui sait ce que signifie tavaïole (nouvelle graphie également) me jette la première pierre.

PS : la liste de cette réforme de l’orthographe datant de 1990 (déjà !) c’est .

 

 

Solder l’année 2015, dire bonjour à 2016

Ainsi va la vie. Ici, sur le web où ailleurs, les derniers et premiers temps des années sont pour les uns l’occasion de tirer un bilan et pour les autres d’y dessiner des espoirs.

Bien entendu, en ce dernier jour de 2015, le tableau de l’année passée tend plutôt vers l’horreur (et penser très fort en ce moment à l’enterrement de la sardine de Goya). Et les espoirs du 1er janvier 2015 semblent aujourd’hui bien vains. Quelques journaux (le Parisien) tentent de trouver, malgré tout, de bonnes nouvelles dans les mois qui viennent de s’écouler. D’autres nous exhortent à faire « quand même » la fête pour accueillir l’année 2016 que l’on nous souhaite « moins mauvaise ».

Alors se pose la question de la raison d’être des vœux lorsque tout semble encore plus insaisissable et que les événements ne sont que sable glissant entre les doigts. Se pose aussi la question de l’espoir, celui qui chaque matin, devrait guider nos gestes et qui parfois nous quitte devant l’âpreté de cette vie.

Mais il faut le dire, bilan et vœux sont avant tout symboliques. Ils sont de ces rituels qui évoquent l’appartenance à une société, qui bon an, mal an, et jusqu’à maintenant, espère-ait toujours mieux pour ses semblables. Des signes assez forts pour me faire oublier un temps les questions et vous souhaiter à tous, une très douce et très belle année 2016.

 

À toi surtout, qui forte de ton courage, doit encore livrer bataille…

 

J’ai grandi avec le FN (et ça fait suer)

Et c’est le cas sans doute de tous ceux qui ont moins de 50 ans.

Si un jour on me demande pourquoi le FN a fait un tel score, dans mon village des Vosges, je dirai simplement que lorsque l’on grandit au côté d’un chien-loup, il y a de grandes chances pour qu’un jour on n’ait plus peur de ses crocs…

Déjà en 1986

Comme pour beaucoup, l’extrême droite est réellement entrée dans ma vie en 1986. J’avais 16 ans et je crois, très peu de conscience politique. En 1981, le jour de l’élection de Mitterrand mon père m’avait hurlé de rentrer à la maison alors que je jouais avec mes cousines. Simplement parce que mon oncle sabrait le champagne. Pour moi, la politique ce ne fut longtemps que ça : un truc qui divisait les gens, même au sein des familles.

Je n’ai jamais réellement discuté politique avec mon père. Je connaissais ses opinions et j’avais entre aperçus sa collection de livres sur De Gaulle. Il était ouvrier et votait RPR. Alors, autant dire que les votes paradoxaux, je connais… Je crois que Sarkozy l’avait beaucoup déçu. Aujourd’hui, je ne sais vraiment pas pour qui il se serait décidé s’il était encore en vie.

En 86, lorsque les députés du FN sont entrés à l’assemblée, il me restait un peu plus de deux ans avant de pouvoir voter. Et pour la première fois, mon père et mon oncle étaient en partie d’accord. Sauf que mon père était encore plus furieux après les socialos. Moi, à ce moment-là j’avais des amis punks. Et je vomissais le racisme. En 1988, au moment des présidentielles, il me manquait encore quelques mois pour avoir 18 ans. Mais j’avais suivi l’élection et j’avais vu les (quasi) 15 % d’un Jean-Marie Le Pen. Moi, fille de l’est, plongée dès son plus jeune âge dans l’histoire de la région et dans les malheurs des deux grandes guerres, je me souviens avoir eu de la peine. Heureusement, un an plus tard, la chute du mur m’avait redonné un peu d’espoir. Revenait la fraternité.

Finalement cela fait 30 ans que le FN régit mon vote

En 92, j’ai dit oui à Maastricht. Pour moi, l’Europe devait se faire à tout prix, même au prix de sacrifices. Surtout pour lutter contre la haine de l’autre. Je rêvais un peu naïvement d’être un jour la citoyenne d’un monde sans frontières.

J’ai, je crois, très vite intégré le vote « utile ». Traumatisée par mon expérience familiale de 81 et les engueulades répétées entre mon père et mes oncles, j’ai longtemps voté au centre. Puisque la politique divisait, c’était aussi une façon pour moi de ne pas choisir. Mais lors des deuxièmes tours, je votais systématiquement contre le FN lorsqu’il le fallait. C’est pour cette raison également que j’ai très peu manqué l’appel des urnes : pour ne pas me sentir responsable de la montée du FN.

Quand j’y réfléchis, cela fait donc 30 ans que l’extrême droite régit en partie mon vote. À la manière d’un pickpocket ultra-doué et avec l’appui des autres politiques. Dimanche soir au second tour des élections régionales ce sera encore le cas. Simplement parce que certains, à force de se faire ravir leurs votes, à force de vivre à côté du chien-loup et à force de mise en garde sans qu’il ne se passe rien, ont oublié le danger. Mais les crocs sont toujours là. Et tout le monde sait qu’un chien-loup ne se transforme jamais en agneau. Même dans les contes.

Moi, je ne sais plus à qui je dois en vouloir…

Régionales : des sites web pour vous aider à voter

À quelques heures du premier tour des élections régionales, 3 sites web qui incitent à voter.

Le gouvernement et les conseils des jeunes pour s’informer sur les régionales

Tout premier site, et non des moindres : http://www.programme-candidats.interieur.gouv.fr/#!/ vous permet d’accéder aux professions de foi des candidats. Idéal pour les réfractaires à la lecture sur papier qui ont quand même envie de savoir ce que les candidats ont à leur dire. Vous pouvez même accéder en ligne au bulletin de vote, dont l’impression est toutefois déconseillée…

L’Anacej (Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes) œuvre pour une meilleure implication des jeunes et des enfants dans les prises de décisions publiques. L’association a mis en place, pour les élections, une campagne d’incitation au vote à destination des nouveaux électeurs. Je-vote.fr, le site de cette campagne rappelle (entre autres) le rôle des régions, le mode de scrutin et bien entendu, les dates des élections… http://je-vote.fr/

Voxe-org : pour voter en connaissance de cause

Voxe.org est une start-up française destinée à éclairer le vote citoyen. Neutre, elle récolte les professions de foi ainsi que les déclarations des candidats (toujours sourcées) et permet sur son site de comparer les programmes en quelques clics.

Voxe org est également une plate-forme collaborative et donc citoyenne : chaque internaute est invité à enrichir ou corriger si besoin les informations

Pour les régionales, Voxe.org vous permet donc de comparer facilement  et rapidement les différentes propositions pour l’éducation et la culture, les transports, l’action sociale, l’économie, l’environnement et la gouvernance : http://regionales.voxe.org/

Illustration : élection par marc-hatot

 Et bien sûr facebook et twitter  pour suivre les listes des candidats.

Plus d’excuses pour ne pas aller glisser un bulletin dans l’urne dimanche…

 

Après Paris ? Il y a la vie…

Il y a cet édito de Leïla Slimani dans le 1. Il y a cette lettre, belle à en pleurer d’Antoine Leiris. Il y a ce Paris en fête d’Hemingway. Il y a ces mots, partout… Il y a Davide Martello et son piano devant le Bataclan. Il y a « Imagine » fredonnée par une enfant. Il y a du Piaf qui résonne. Et (comment le taire ?) un hymne national devenu soudainement fédérateur… Il y a les graffitis (cet art de la rue) sur les murs de Paris. Ces dessins de Joann Sfar , Zep et tous les autres. La sculpture de sable, éphémère comme l’est la vie, de Sudarsan Pattnaik. Et des dessins d’enfants par milliers…

Il y a la vie, tout simplement. Et ces éclats de beauté qui nous ramènent toujours à elle après l’horreur. Ces fragments de jours et ces gestes qui tirent des larmes. Ou un sourire. Par delà l’incompréhension, la stupeur et la douleur de l’absence inexpliquée et pour toujours inexplicable. Là est la vie. Nulle part ailleurs. Ni en un dieu ni dans des accents sécuritaires, ces deux illusions qui nous coupent de l’autre. Car l’autre est ça : Leila Slimani, Antoine Leiris, Ernest Hemingway, John Lennon, Davide Martello, Édith Piaf, Madonna, Céline Dion, Zep, Joann Sfar, Sudarsan Pattnaik, et tous les autres que nous pourrions connaître et ceux que nous connaîtrons sans doute un jour. Si nous laissons la chance à la vie.

Nous leur devons bien ça…

Fleurs by StockSnap-CC0 Pixabay