Papa Facebook (mais où as-tu congelé mes ovocytes ?)

J’ai fêté mon anniversaire 3 jours avant que l’information ne sorte. Et comme j’ai dépassé, de presque loin, l’âge canonique (qui est 40 ans, soit l’âge auquel une femme pouvait servir chez un ecclésiastique), je me suis sentie soulagée à titre personnel. Car même si venait l’envie très saugrenue à monsieur Facebook ou monsieur Apple de m’embaucher outre-Atlantique, il ne leur viendrait certainement pas l’idée encore plus saugrenue de me proposer de faire congeler mes ovocytes

Parce que j’ai, je vous l’avoue, un gros doute sur l’éventuel côté altruiste d’une telle démarche au vu du coût de la méthode (jusqu’à 20 000 dollars, une goutte d’eau pour ces firmes, mais la multiplication de gouttes d’eau, c’est bien connu…). Et j’imagine déjà les entretiens d’évaluations dans le bureau du ou de la R.H : « Madame, la société X nous a informés de votre demande de décongélation de vos ovocytes. Nous espérons que vous prenez toute la mesure de votre décision, surtout au vu du mauvais avancement du dossier Y ? »

Même si la maternité n’a jamais été ma priorité, je ne peux que me souvenir qu’il y eut un temps où des milliers de femmes criaient dans la rue : « un enfant si je veux, quand je veux » .

Dubitative je suis…

Now-a-Days


 

Prism, données personnelles et consentement indubitablement donné

 

1949 : 1984, roman d’anticipation de Georges Orwell mettant en scène Big Brother est publié.

1995 : le parlement et le conseil européen publient une directive (95/46/CE) relative à la protection des données personnelles. Est prévu dans cette directive que : « le traitement de données à caractères personnel ne peut être effectué que si :

a)    La personne concernée a INDUBITABLEMENT donné son consentement »

Indibutablement signifiant dans ce cas « certainement ». Depuis cette directive, nous (internautes) sommes censés avoir acceptés que nos données personnelles soient utilisées à « toutes fins utiles » si nous ne nous y opposons pas (qui ne dit mot consent aux petites lignes écrites au fond du site ou dans les CGU jamais lues).

2010 : l’excellent et regretté site OWNI (qui nous prouve, oh combien, que même sur le net ce sont souvent les meilleurs qui partent les premiers) publie une infographie intitulée « Qui vous observe ? L’absence de vie privée sur internet ». Cette infographie nous apprend, que potentiellement, elles auraient été en 2010, 1 802 330 457 personnes à avoir accès à mes et vos données.

2012 : La commission européenne dans une proposition de règlement se penche sur l’idée d’un consentement explicitement donné (« par une déclaration ou par un acte explicite » de l’utilisateur avant toute utilisation de ses données personnelles) plutôt qu’un consentement indubitablement donné dont l’interprétation laisse souvent à désirer.

27 mai 2013 : La Quadrature du Net nous apprend dans Privacy alert #1 que Facebook, Google, Microsoft, Amazon et Ebay se sont manifestés auprès de députés européens pour que le terme de consentement explicite soit écarté de la proposition élaborée par la Commission européenne.

Juin 2013 : le Washington Post publie les révélations d’un agent de la NSA Edward Snowden sur le programme PRISM. Le monde entier y apprend entre autres que la NSA dispose « d’un accès direct aux serveurs US des fournisseurs de services suivant : Microsoft, Yahoo, Google, Facebook, Paltalk, AOL, Skype, YouTube et Apple » (cf. point précédent)

Conclusion : indubitablement, certainement, indéniablement, assurément et sans aucun doute, j’ai comme l’impression que l’on nous prend quelquefois explicitement pour des imbéciles.

Prism
Diapositive montrant les entreprises participant au programme PRISM et les types de données qu’elles fournissent

Pour aller plus loin :

Les recommandations des géants de l’internet adressées aux députés européens (via la quadrature du net)

Le dossier de la CNIL « vos droits, vos traces ».

Vine vs Apple

And the Vin(ner)e is… porno

Lancée vendredi dernier, la nouvelle application de Twitter Vine permet d’envoyer de courtes vidéos de 6 secondes via son iPhone ou son iPod sur le réseau social. Le principe du tweet appliqué aux images en quelque sorte. À toutes sortes d’images, sans modération et sans filtres… C’est sans doute pour cela que le service du réseau social se voit aujourd’hui envahi d’images sexy, sexe et surtout carrément porno.

Feu de paille ? J’ai pour ma part un doute sur l’intérêt que peut avoir une vidéo porno de 6 secondes. Surtout à l’époque des tubes qui offre gratuitement des vidéos hot de plusieurs minutes. Mettre une vidéo si courte, c’est amusant, transgressif, sans trop de risques (mis à part se faire signaler et désactiver son compte) mais sans trop d’intérêts non plus.

Reste à voir ce que va en penser la prude Apple qui chasse sans répits toutes traces de sexe  au(x) sein(s) de son iOS

Au royaume des lapins, l’application Vine serait reine. Au royaume de la pomme, elle risque bien de devenir un pépin…