Google ou le droit à l’oubli dénoncé par l’exemple

Sur le papier, cela pouvait sembler une fort bonne idée : un arrêt  de la CURIA (Cour de justice de l’Union européenne) donnant le droit à tout citoyen européen d’exiger le retrait des pages de résultat de Google des informations « non pertinentes, obsolètes ou inappropriées » le concernant.

 

Mais entre l’écrit et la pratique, il y a souvent tout un monde. Google s’était élevé contre l’idée même d’un tel texte, et il fut dit que c’était dans le but de défendre quelques intérêts (comment ça, Google capitaliserait sur nos données ?) Mais si la Quadrature du net, Reporters Sans Frontières ou l’ASIC (Association des Services Internet Communautaire dont fait partie Google) ont pris la peine d’alerter sur les risques découlant de la décision de la Cour européenne, c’est que peut-être, il y avait un os…

 

Et le Nouvel Obs (entre autres) de nous apprendre jeudi que l’os était déjà resté en travers de la gorge du Guardian. En cause : six articles déréférencés par Google pour cause de « droit à l’oubli ». Il n’en faut pas plus pour accuser le géant (qui a bien des torts évidemment) de censure… alors que finalement, la firme ne fait qu’appliquer une décision de justice. Avec un tantinet de zèle sans doute, mais pouvait-on s’attendre à autre chose ?

 

Vue comme cela, l’alliance entre liberté d’expression et vie privée sur le net ressemble plus au mariage de la carpe et du lapin…

 

Résumons : si vous avez quelque chose à vous reprocher déréférencer, le formulaire du droit à l’oubli c’est ici. Et n’ayez crainte, Google vient encore de prouver qu’il tenait plus que tout à nos vies privées !

 

2 thoughts on “Google ou le droit à l’oubli dénoncé par l’exemple

  1. Ce que l’on peut apprendre de tout cela c’est qu’il faut faire très très attention à tout ce que l’on poste sur internet et que les réseaux sociaux (on en a déjà parlé toutes les deux) sont vraiment à utiliser avec des pincettes. Malheureusement le web c’est le lieu rêvé pour la spontanéité, et une fois que l’on a cliqué sur « envoyer », pas moyen d’aller rechercher la lettre dans la boîte et d’attendre son gentil facteur avec la clé… Ne jamais réagir à chaud et penser aux conséquences de ses propos, voilà qui devrait être le B.A-BA de l’internet.
    Quant aux préoccupations humaines et au respect de la vie privée de Google… je ne ferai pas de commentaires, de peur de ne pouvoir y revenir ultérieurement!

    1. Oui, la meilleure façon de protéger sa vie privée, c’est bien d’y faire attention. Comment dit-on ? « Prudence est mère de sureté ».
      Et puis, dans les faits, Google a beau « devoir » effacer de ses résultats ce qui nous pose problème, il ne faut pas oublier que quelque part, dans le web, subsiste toujours la page, l’article, le post… incriminé.
      Et que quand on veut on trouve !

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