Rédaction web en freelance : quels tarifs appliquer en 2016 ?

Et si les rédacteurs indépendants se mettaient enfin à compter ?

C’est un fait, nous sommes sans doute, pour la plupart, plus littéraires que comptables. Moi-même, je reçois régulièrement des mails demandant des conseils pour facturer tel ou tel travail de rédaction. Alors plutôt que de répondre à chacun, il me semble plus rapide de le faire ici. Et c’est bien connu, le temps c’est de l’argent…

Rédaction web : proposez le juste prix pour durer

Parlons peu, mais parlons bien. J’ai déjà expliqué, ici même, les raisons pour lesquelles la rédaction web devait être considérée comme un « véritable » travail et donc exigeait une vraie rémunération (et non une aumône). J’ai également déjà écrit ce que je pensais des plateformes rédactions et je n’ai pas changé d’avis après plus de 5 ans en freelance.

Ceci posé, il me reste à faire la comptable pour tenter d’aider, si je le peux, les futurs ou les déjà rédacteurs web qui viennent ici à la recherche des « tarifs de rédaction web ».

Parce ce que, que vous désiriez changer de métier, vous lancer dans cette for-mi-dable aventure de l’entrepreneuriat (merci, monsieur Macron) ou simplement commencer dans la vie active, peu importe. Tout ce que vous devez retenir, c’est que le niveau de rémunération que vous allez exiger, ou accepter, au début de votre activité, conditionnera la pérennité de cette dernière.

Je répète rapidement pour les deux ou trois dissipés du fond : vos tarifs détermineront la durée de votre petite entreprise.

Quand tout n’est qu’une histoire de seuil de rentabilité

Ou comment enfoncer une porte ouverte puisque cet adage est valable pour toutes les activités marchandes et tous les métiers.

Vous viendrait-il à l’idée de payer la saucisse de votre boucher sous son prix de revient sous prétexte qu’il débute ? Pourriez-vous, sans rougir, payer la baby-sitter moins cher que ce que lui coûtent ses frais de déplacement ? Et au final, accepteriez-vous d’être embauché en CDD ou en CDI bien en dessous du taux horaire minimum légal ?

Première nouvelle : si vous répondez oui à l’une de ces questions, vous êtes murs pour pondre des textes à  moins de 12 cts le mot et vous pouvez laissez tomber la lecture du mien pour vous mettre au travail.

Deuxième nouvelle : si vous avez répondu non aux trois questions, vous n’allez certainement pas accepter de gagner moins qu’un paysan chinois sous prétexte que vous êtes rédacteur freelance.

Et maintenant, place au calcul !

Prix de la rédaction : de l’importance de penser travail

(Où il est question de bonbons…)

La première erreur que font certains rédacteurs web indépendants et débutants est de réfléchir en terme de travaux et non de travail. Un travail se paye, des travaux se facturent. Et si vous ne voyez pas la différence entre les deux, essayez de songer à ce qui sépare le paquet de bonbons du bonbon vendu en vrac. Si ce dernier a une valeur relative et réelle moindre que le bonbon présent dans le paquet, c’est parce qu’il n’existe plus de coût d’emballage (donc moins de charges). C’est pourtant le même bonbon. Votre travail c’est le paquet de bonbons, vos travaux (réalisations) vos bonbons. Et si vous ne facturez que des bonbons en vrac à vos clients sans songer à faire payer l’emballage (vos charges), vos clients seront sans doute très heureux de vos sucreries mais l’activité de rédaction web ne deviendra jamais un travail pour vous.

Plusieurs éléments doivent donc entrer en ligne de compte lorsque vous calculez vos tarifs. Des charges et des frais qui ne viennent pas forcément à l’esprit de gens habitués à parler en termes de nombres de caractères ou de mots. Il s’agit de :

  • Ces moments où vous ne travaillerez pas : c’est-à-dire les moments que vous ne pourrez pas facturer. S’il peut vous paraître étrange de penser en premier à des moments de « vacances », tous les freelances savent qu’une toute petite partie de ce qu’ils font va pouvoir être portée en clair sur une facture. Tout simplement parce qu’aucun client n’acceptera de vous payer vos moments de veille personnelle, formation, prospection, contacts, travaux administratifs… pourtant indispensables pour un travail sérieux.
  • Ces charges auxquelles vous devez faire face : Cipav pour les micro-entrepreneurs (25,10 % moins si vous bénéficiez de l’Accre), de la taxe de formation professionnelle et de la CFE. Mais également vos frais professionnels : les achats de logiciels (au minimum un bon correcteur), les déplacements éventuels vers les clients ou les salons pros, la réalisation d’un site pro, le matériel, l’électricité, le manger du chat…
  • Vos charges de prévoyances : retraite (parce qu’il vaut mieux éviter de compter sur le RSI), maladie (pour la même raison), vacances parce que vous y avez droit (si, si !)
  • Votre petit bénéfice de fin d’année : parce que si travailler pour vivre et manger c’est bien, travailler pour réaliser quelque chose c’est mieux. Et pour réaliser quelque chose, il faut avoir la possibilité de développer votre entreprise (sans forcément courir après une licorne d’ailleurs). C’est à cela que sert le bénéfice en permettant d’investir. Mais vous pouvez aussi mettre votre bénéfice de côté pour vous plus tard, pour un voyage ou le vétérinaire pour le chat…
  • Votre précarité (eh oui !) : vous êtes entièrement à la disposition des clients et de leurs commandes. Ce qui signifie que vous allez connaître l’attente (non rémunéré) entre deux travaux, les clients qui du jour au lendemain n’ont plus besoin de vos services, et cela sans indemnités chômages ni indemnités de licenciement.

Tous ces frais doivent être calculés et intégrés à ce que vous facturerez à vos clients. Ce qui peut-être très difficile, surtout en début d’activité. D’où l’importance de vous faire conseiller. Pour les chômeurs, le gouvernement a annoncé la mise en place de conseillers « spéciaux » à pôle emploi. Je reste dubitative… cela me semble plus faire partie d’un plan de communication ultralibérale auquel. Un comptable professionnel est, me semble-t-il beaucoup plus approprié… un comptable qui sera en mesure de penser à ce que j’ai moi-même oublié ci-dessus.

Dernière chose : sachez que vous ne pourrez que difficilement rattraper une politique tarifaire trop basse. Parce que lorsque vous en êtes à ce stade, les clients ne vous emploient pas seulement pour votre formidable plume et votre talent à retenir le lecteur, ce dont je ne doute pas… mais surtout parce que vous leur fournissez un travail « à pas cher ».

Penser et écrire accessibilité web (Partie 3)

Réaliser un site web accessible est un travail d’équipe. Les concepteurs et les développeurs web construisent l’ossature. Celle-ci doit être équilibrée et sans aspérités, pour permettre à tous d’accéder au site avec le moins de difficultés possible. Le rédacteur web fournit la chair du site : son contenu. Si ce contenu bloque (pour une raison ou pour une autre) la navigation d’un certain nombre d’internautes, le travail fait en amont est perdu.

Petite liste non exhaustive des bonnes pratiques que tout rédacteur devrait connaître.

Structurez correctement le contenu sur le fond et sur la forme

  1. Utilisez les titres et respectez leur hiérarchie : pas de <h3> sans <h2> antérieur par exemple ;
  2. Balisez correctement les listes : celles-ci ne doivent pas être indiquées par de simples tirets mais bénéficier de la balise correspondante (liste à puces : <ul>, liste de définitions <dl> et liste numérotée <ol>)

Pour qui et pourquoi est-ce important ? Pour les personnes utilisant des lecteurs d’écrans qui se voient ainsi restituer une information cohérente. Mais également pour les personnes à mobilité réduite (handicap moteur et/ou technologique) qui peuvent naviguer plus rapidement (de titre en titre) à l’intérieur de l’article.

 Rédigez un contenu compréhensible par le plus grand nombre

  1. Utilisez un vocabulaire simple et facilement accessible : employez un langage courant et en cas de contenu technique ne s’adressant pas à des professionnels, explicitez les termes et le jargon employés si nécessaire.
  2. Précisez à quoi correspondent les acronymes ainsi que les abréviations les moins courantes : faites-le pour la première occurrence présente dans votre article.
  3. Ne justifiez pas votre texte et préférez des interlignes de 1,5 cm : évitez également les sauts de lignes multiples inutiles.
  4. Indiquez les ruptures : changement de langue ou citations.

Pour qui et pourquoi est-ce important ? Pour tout le monde, puisque le vocabulaire est toujours une histoire personnelle et que ce qui peut vous sembler facilement compréhensible ne le sera pas forcément pour le voisin. Quant à la justification du texte, elle est rédhibitoire pour les personnes souffrant de dyslexie en raison des espaces différents entre les mots.

 Offrir un contenu hypertextuel et/ou multimédia intelligible

  1. Choisissez soigneusement l’intitulé des liens : il faut que celui-ci soit pertinent et explicite. Ceci afin de permettre au lecteur de comprendre pourquoi existe un lien et où il mène (n’oubliez pas non plus de renseigner la balise <title>)
  2. Décrivez avec pertinence vos contenus multimédias : renseignez pour cela la balise Alt de vos images et de vos vidéos. En moins de 80 caractères.

Pour qui et pourquoi est-ce important ? Pour tous ! Mais plus particulièrement les personnes en situation de handicap technologique ne permettant pas l’affichage des images (bas débit, navigateur texte) mais surtout et évidemment pour les personnes ayant un handicap visuel.

 

Il existe bien entendu d’autres bonnes pratiques, certaines concernant également l’intégration du texte au sein d’un site, ce que peut être amené à faire un rédacteur. Pour plus de renseignements sur l’accessibilité web, je vous conseille la lecture :

Handicap Sign

Penser et écrire accessibilité web (Partie 2)

Le pouvoir du Web est dans son universalité. Un aspect essentiel est qu’il soit accessible à tout le monde quel que soit le handicap. Tim Berner Lee, directeur du W3C.

Comme vu dans le premier article sur l’accessibilité web, les sites privés français n’ont donc aucune obligation légale de respecter le WCAG 2.0 (Règles pour l’accessibilité web). Ceci explique sans doute pourquoi nous parlons essentiellement de SEO et plus rarement d’accessibilité dans les contrats de rédaction web. À tort…

Le gagnant/gagnant de l’accessibilité web

Imaginez-vous ne plus pouvoir naviguer sur votre site d’e-commerce préféré ainsi que sur de nombreux sites publics qui ne respectent pas les normes RGAA. Pire encore, sur votre propre site… Impensable ?

Et pourtant, demain, chacun de nous peut se retrouver en situation de handicap face à internet : vieillissement, maladie, accident, matériel défectueux ou simplement différent (smartphone, tablette), débit momentanément réduit… Et si, comme précisé par Tanguy Lohéac dans « combien ça fait d’handicapés ? », on ne peut fournir un ratio coût/rentabilité en parlant de l’application des WCAG 2.0, permettre à tous d’accéder au contenu du web c’est :

  • Avoir une démarche responsable, éthique et tout simplement tournée vers le futur ;
  • Conséquence du point précédent : renforcer l’image de marque de l’entreprise ;
  • Gagner des parts de marchés par rapport aux concurrents qui « ferment leurs portes » à une partie des internautes ;
  • Gagner à coup sûr en matière de référencement : les moteurs de recherche sont en effet en situation de handicap puisqu’aveugles et sourds.

C’est pour ces raisons mais également dans le but de s’inscrire tout simplement dans une démarche de partage que les rédacteurs doivent s’intégrer et être intégrés à un processus global visant l’accessibilité.

Parce qu’une majeure partie du contenu sur internet reste textuel !

Accessibilité handicapés à Strasbourg

 

Prochain article : Comprendre et connaitre les WCAG 2.0 à respecter dans le domaine de la rédaction web

Penser et écrire accessibilité web (Partie 1)

Nous parlons malheureusement rarement, mes clients et moi, d’accessibilité web. Pourtant, je suis persuadée que nous avons tout à gagner à penser rédaction web en terme de contenu ouvert à tous. Mais sans doute faut-il déjà définir ce que l’on entend par accessibilité web et savoir où l’on en est.

L’accessibilité web ou le web pour tous

Le W3C (World Wide Web Consortium – organisme international chargé d’établir les recommandations de comptabilité pour les technologies du web) défini ainsi l’accessibilité web :

Mettre le Web et ses services à la disposition de tous les individus, quels que soient leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales.

En 2008, ce même organisme publie les Règles pour l’accessibilité des contenus Web (WCAG) 2.0. En décembre 2012, l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et la Commission électronique internationale (CEI) annoncent la validation de ces règles en tant que Norme ISO (ISO/CEI 40500:2012). Cette validation permet de renforcer la connaissance de règles cohérentes, applicables et utiles à tous.

Car l’accessibilité du web concerne aussi bien les personnes en situation de handicap que les débutants, les personnes âgées mais également les propriétaires de tablettes ou de Smartphones, les internautes à bas débit…

La loi française

En France, les sites publics sont soumis à l’article 47 de la loi du 11 février 2005 qui stipule que :

 Les services de communication publique en linge des services de l’État, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées.

En 2009, est publié le RGAA (Référentiel général d’accessibilité pour les administrations – pdf  0.411 mo) auquel doivent (devraient) se conformer, depuis fin 2012, tous les services de communication en ligne de l’État et des établissements publics.

Les sites privés (E-commerçants, banques, transports aériens…) n’ont eux, aucunement l’obligation de prendre en compte les recommandations du WCAG 2.0.
Passage handicapé

Dumping sur les tarifs des rédacteurs web

Xpression-ecrite reçoit depuis quelques jours plusieurs visites en direct de Madagascar d’internautes se renseignant sur les tarifs de rédaction web. En cause sans doute, plusieurs offres d’emplois récentes pour des postes de rédacteur web d’une société offshore sur le marché malgache.

Ces visites m’enchantent puisqu’elles me permettent de me fendre d’un billet sur le dumping qui envahit de plus en plus le marché de la rédaction web. Continue Reading « Dumping sur les tarifs des rédacteurs web »