Demain, c’est la rentrée

(Ou comment publier un article avec un titre marronnier)

Je n’ai, en définitive, que peu de souvenirs des veilles de rentrée de mon enfance. Je ne sais plus si j’étais heureuse de retrouver les bancs de l’école (qui étaient en vérité des chaises faites de traverses de bois reliées aux pupitres) ou plus surement mélancolique à l’idée de dire au revoir à ces espaces de temps libres et désœuvrés que sont les vacances.

[Début de la minute psy] Et si je ne m’en souviens pas, alors que bien d’autres moments de l’enfance moins marquants sont restés gravés en moi, c’est sans doute parce que j’ai depuis toujours une certaine incapacité à me relier réellement à mes émotions. [Fin de la minute psy]

N’étant plus écolière depuis fort longtemps, il y a déjà quelques jours que j’ai mis fin à ces fameux « espaces de temps libres ». Avec la satisfaction d’avoir pu, durant ces dernières vacances, oublier un temps les réseaux sociaux, mails et autres fils à la patte qui s’emmêlent jusqu’à finir par former un entrelacs si serré et si dense qu’ils nous (me) retiennent plus surement que des chaines.

Une déconnexion non pas motivée par un certain air du temps qui agiterait la planète start-up, mais un besoin réel, et vital en fin de compte, de s’éloigner de tout ça.

Et il y eut, cette année, une véritable mélancolie à rentrer. Non pas à cause des espaces de temps libres qui risquent de me manquer. Puisque, je le sais d’expérience, ceux-ci ne peuvent pas durer. Mais à cause des espaces de temps de travail qui s’annonçaient. Et de cette impression que l’insatisfaction ressentie ces derniers mois dans ce métier qui est le mien (écrire pour le web) ne s’était pas diluée, pour une fois, lors de ce temps de repos.

Quelques jours après la reprise. Il faut me rendre à l’évidence : écrire pour les autres m’ennuie (pour rester polie) le plus souvent au plus haut point. Ce n’est peut-être que passager. Ou peut-être pas.

J’ai envie d’autre chose. Que mes mots, mon écriture et mon maigre « talent » fassent sens. Qu’ils impliquent et m’impliquent. Quitte à vendre quelque chose par les mots, que ce quelque chose soit une idée, un concept, une association, une entreprise qui, à défaut de changer notre société, cherche au moins à l’améliorer.

Ne reste plus qu’à chercher et… à trouver.

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