Diesel : à quoi ça tient la communication…

Septembre 2015, le monde découvre que le diesel (et la voiture en général) pollue. Et nous téléspectateurs découvrons que la langue de bois n’est vraiment pas réservée aux politiques.

Les experts (journalistes spécialisés, ingénieurs automobiles et tous ceux qui ont un rapport, proche ou lointain, avec les moteurs) se succèdent sur les plateaux. L’un d’eux (porte-parole du comité des constructeurs français d’automobiles) nous explique doctement dans le C dans l’air du 23 septembre, qu’effectivement, ce n’est pas bien de la part de Vw de trahir la confiance que les conducteurs ont mis à l’intérieur de ses véhicules tricher, mais qu’une fraude de ce type n’est pas possible venant des constructeurs français. Pensez-vous, la voiture diesel française ne pollue pas tant que ça respecte les normes.

En balayant le fait que ces dernières ne sont pas les mêmes en Europe (l’Européen, c’est bien connu, est beaucoup plus sensible au CO2 qu’à l’oxyde d’azote. C’est un peu l’équivalent du pipi de chat par rapport au popo du bouledogue)… Et le fait que le diesel français (fleuron d’une industrie qui se concentre sur les marchés des pays émergents) n’est absolument pas présent en Amérique. Sans doute parce que les voitures françaises rouillent aux États-Unis.

Garage Vw by Bilderandi - CC0 Public domain Pixabay
Garage Vw by Bilderandi – CC0 Public domain Pixabay

Bref, c’est un mensonge allemand… de toute façon, c’est toujours la faute de l’Allemagne (les migrants, la Grèce, l’obésité à cause des saucisses et de la bière…) Et comme dit en introduction par Yves Calvi : PSA et Renault ont affirmés ne pas avoir eu recours aux mêmes pratiques que la firme allemande puisqu’ils ne sont pas présents aux États-Unis.

Quelques jours plus tard, on apprend que certains moteurs sont bridés lors des tests. Et même des moteurs de voitures françaises. Comment ? Mais le monsieur avait dit… Oui, le monsieur avait dit « une fraude de ce type », « ne pas avoir recours aux mêmes pratiques » souvenez-vous.

La preuve encore que l’art d’une bonne communication passe par le fait de savoir regarder le vide tout en restant sur la crête…

Oui, la voiture tue. Que ce soit doucement par pollution ou plus rapidement par accident*.

voiture dans une main d'enfant
Voiture et enfant – Photo by venturaartist CC0 Public domain Pxiabay
  • En octobre, on apprend que Fiat aurait caché certains accidents graves causés par des défaillances techniques.

Septembre et les chemins de traverse

C’est une simple route à droite. Une route qu’il ne fallait pas prendre. Mais que l’on a pris par erreur et que l’on rêve de changer en détour, en chemin de traverse.

Les dernières chaleurs de l’été s’étirent, l’asphalte exhale son humidité et, dans les oreilles, un vieux blues américain et la voix de Nina Simone. On s’y croirait. Ou presque.

Mais c’est la fin de l’été et il faut rentrer maintenant.

La météo annonce l’automne, septembre et le retour à l’école. L’été 2015 s’en est allé, il est trop tard pour les chemins de traverse. Trop tard pour se perdre.

Adieu le petit déjeuner rêvé au bord du lac de Viverone, envolé l’espoir du pastei de nata croustillant et savoureux, éclipsée l’idée de longues marches sur le sentier des douaniers, oubliées les heures de farniente ou de lecture sous le soleil…

Septembre est arrivé et pour rêver maintenant « il faut regarder les étoiles ». Michel Delpech est encore là… et c’est tant mieux.

Septembre est là : bonne rentrée à tous !

 

Orly, voyage assis

S’asseoir. Regarder les gens qui s’en vont. Les étreintes, les gestes tendres, les regards. La main ridée qui frôle la nacre de la joue de l’enfant, l’accolade virile des mains qui frappent les épaules, les bouches amoureuses qui s’attachent et s’interrogent : dis-moi, quand reviendras-tu ? Me reviendras-tu ?

S’asseoir. Regarder les gens qui reviennent. Les lunettes noires qui rongent le visage fatigué. Le foulard pour se préserver du froid (du pays ou de la clim de l’avion ?). Le bagage à main tiré d’un air las d’être déjà là, de retour, ou guilleret d’être arrivé enfin, à la fin du voyage. Les couleurs, rouges, brunes, des peaux gorgées de soleil.

Où vont-ils, d’où viennent-ils, ces voyageurs qui se croisent sans se voir ? Qui sont-ils ces amoureux qui se séparent ? Se retrouvent ? Quels pays, quelles villes, quels amis, quels amants ont-ils quittés ? Vont-ils revoir ?

S’asseoir à Orly. Regarder, imaginer, et déjà voyager.

Airport by Unsplash – Pixabay CC0

 

Demain est encore à venir

Dans quelques heures, tu fêteras (nous fêterons !) ta majorité. Ce premier soir de juillet 1997 le ciel avait pris une teinte rouge-orangé. Je me souviens m’être dit qu’il allait faire beau demain…

Depuis 18 ans, tu poses tes yeux bleus-verts sur l’immensité du monde. Ce monde que tu croques à la pointe de tes crayons. Ce monde-là que tu dessines avec la tendresse, la distance et l’humour qui t’accompagnent depuis que tu es en âge de raisonner.

Ce 30 juin, à minuit, tu vas passer d’ado à adulte en moins d’une seconde. Et je te l’accorde : la force symbolique de ce passage n’est plus vraiment. Depuis longtemps certains ados se comportent en adultes, mais l’inverse est aujourd’hui encore plus vrai.

Demain, il te faudra sans doute encore beaucoup de ce détachement pour supporter le monde tel qu’il est. De l’humour et du recul aussi. Ce sera parfois difficile, le chemin vers le bonheur est chaotique.

Mais ne t’excuse jamais de ce que tu n’es pas et sois toujours fière de ce que tu es et de ce que tu deviendras…

À 18 ans, demain est encore à venir.

La piscine de mes voisins et le climat

Mes voisins font construire une piscine. Ou plutôt creuser : soyons précis. Une grande piscine qui a l’air d’occuper — à vue de nez — plus de la moitié de leur pelouse. Pelouse qui est déjà grande. Je dis ça pour que vous puissiez un peu imaginer la taille du bassin.

Mais j’en reviens à mes moutons : depuis que je suis le ballet des camions, je découvre que j’ai des voisins optimistes. Comprenez : il en faut de l’optimisme pour construire une piscine ici. Car même s’il peut faire très beau et très chaud dans les Vosges, je dirais qu’à vue de nez, une piscine comme celle-là doit atteindre un taux d’utilisation moyen d’un et demi sur douze (mois). Un peu plus si – ce qui me semble déjà plus raisonnable — elle est chauffée. Là, le taux d’utilisation doit atteindre grosso modo 2 mois ½ sur douze (comprenez que le reste du temps, vous aurez peut-être chaud dedans, mais très froid dehors).

Mais peut-être que je me mets le doigt dans l’œil et qu’il n’y a aucun optimisme dans cette démarche. Peut-être que cette construction n’est qu’une façon d’acter l’avenir de la planète. Vous savez : celle qui se dirige vers un réchauffement inexorable de son climat. Réchauffement climatique qui, dans les années à venir, ferait, si je suis mon raisonnement, pousser (ou creuser) de plus en plus de piscines au nord de la Seine. Un peu comme les pins d’Alep et les chênes verts qui survivent et se multiplient en remontant vers le nord.

Dire que je viens de démontrer que la construction d’une piscine n’est peut-être que l’expression d’un pessimisme ambiant…

manifestation justice pour le climat
Photo by Niekverlaan – Pixabay