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Des nouvelles de l’été

Tiens, il y a longtemps que je ne suis pas venue ici ! Par manque de temps, mais par manque d’envies également. Sur quoi écrire encore lorsque l’on est payé à écrire toute la journée ? La rédaction web ? La vie ? Les attentats ? Nos politiques ? La course folle du monde ? Les réseaux sociaux ? Le temps ? La recette de la quiche lorraine ? Ils sont déjà si (trop) nombreux à le faire, pour répéter les mêmes choses…et parfois écrire pour ne rien dire (et surtout rien de nouveau).

Dans ce cas, autant ne pas écrire n’est-ce pas ? Cela laisse du temps pour se reposer, rêver, lire et voyager. Toutes ces activités été-compatibles. Le bonheur de choisir un livre à mettre dans le sac, enfiler ses chaussures et partir sur un sentier, s’arrêter au bord du chemin et s’allonger dans l’herbe. Ouvrir son livre et savourer l’instant…  

Et vous savez quoi ? Les Vosges en été sont faites pour ça. Et pour la tarte aux brimbelles*.

Bel été à vous…

Book by Mysticsartdesign - image illustration - CC0 Pixabay

 

Mais attention aux tiques : il faudra un jour que je vous parle de la maladie de Lyme. C’est une des nouvelles de cet été, et je connais (trop) bien le sujet…

*Les brimbelles vosgiennes sont les myrtilles, ces petits fruits violets qui tâchent fort les habits des enfants et qui poussent à l’état sauvage ici.

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Rédaction web en freelance : quels tarifs appliquer en 2016 ?

Et si les rédacteurs indépendants se mettaient enfin à compter ?

C’est un fait, nous sommes sans doute, pour la plupart, plus littéraires que comptables. Moi-même, je reçois régulièrement des mails demandant des conseils pour facturer tel ou tel travail de rédaction. Alors plutôt que de répondre à chacun, il me semble plus rapide de le faire ici. Et c’est bien connu, le temps c’est de l’argent…

Rédaction web : proposez le juste prix pour durer

Parlons peu, mais parlons bien. J’ai déjà expliqué, ici même, les raisons pour lesquelles la rédaction web devait être considérée comme un « véritable » travail et donc exigeait une vraie rémunération (et non une aumône). J’ai également déjà écrit ce que je pensais des plateformes rédactions et je n’ai pas changé d’avis après plus de 5 ans en freelance.

Ceci posé, il me reste à faire la comptable pour tenter d’aider, si je le peux, les futurs ou les déjà rédacteurs web qui viennent ici à la recherche des « tarifs de rédaction web ».

Parce ce que, que vous désiriez changer de métier, vous lancer dans cette for-mi-dable aventure de l’entrepreneuriat (merci, monsieur Macron) ou simplement commencer dans la vie active, peu importe. Tout ce que vous devez retenir, c’est que le niveau de rémunération que vous allez exiger, ou accepter, au début de votre activité, conditionnera la pérennité de cette dernière.

Je répète rapidement pour les deux ou trois dissipés du fond : vos tarifs détermineront la durée de votre petite entreprise.

Quand tout n’est qu’une histoire de seuil de rentabilité

Ou comment enfoncer une porte ouverte puisque cet adage est valable pour toutes les activités marchandes et tous les métiers.

Vous viendrait-il à l’idée de payer la saucisse de votre boucher sous son prix de revient sous prétexte qu’il débute ? Pourriez-vous, sans rougir, payer la baby-sitter moins cher que ce que lui coûtent ses frais de déplacement ? Et au final, accepteriez-vous d’être embauché en CDD ou en CDI bien en dessous du taux horaire minimum légal ?

Première nouvelle : si vous répondez oui à l’une de ces questions, vous êtes murs pour pondre des textes à  moins de 12 cts le mot et vous pouvez laissez tomber la lecture du mien pour vous mettre au travail.

Deuxième nouvelle : si vous avez répondu non aux trois questions, vous n’allez certainement pas accepter de gagner moins qu’un paysan chinois sous prétexte que vous êtes rédacteur freelance.

Et maintenant, place au calcul !

Prix de la rédaction : de l’importance de penser travail

(Où il est question de bonbons…)

La première erreur que font certains rédacteurs web indépendants et débutants est de réfléchir en terme de travaux et non de travail. Un travail se paye, des travaux se facturent. Et si vous ne voyez pas la différence entre les deux, essayez de songer à ce qui sépare le paquet de bonbons du bonbon vendu en vrac. Si ce dernier a une valeur relative et réelle moindre que le bonbon présent dans le paquet, c’est parce qu’il n’existe plus de coût d’emballage (donc moins de charges). C’est pourtant le même bonbon. Votre travail c’est le paquet de bonbons, vos travaux (réalisations) vos bonbons. Et si vous ne facturez que des bonbons en vrac à vos clients sans songer à faire payer l’emballage (vos charges), vos clients seront sans doute très heureux de vos sucreries mais l’activité de rédaction web ne deviendra jamais un travail pour vous.

Plusieurs éléments doivent donc entrer en ligne de compte lorsque vous calculez vos tarifs. Des charges et des frais qui ne viennent pas forcément à l’esprit de gens habitués à parler en termes de nombres de caractères ou de mots. Il s’agit de :

  • Ces moments où vous ne travaillerez pas : c’est-à-dire les moments que vous ne pourrez pas facturer. S’il peut vous paraître étrange de penser en premier à des moments de « vacances », tous les freelances savent qu’une toute petite partie de ce qu’ils font va pouvoir être portée en clair sur une facture. Tout simplement parce qu’aucun client n’acceptera de vous payer vos moments de veille personnelle, formation, prospection, contacts, travaux administratifs… pourtant indispensables pour un travail sérieux.
  • Ces charges auxquelles vous devez faire face : Cipav pour les micro-entrepreneurs (25,10 % moins si vous bénéficiez de l’Accre), de la taxe de formation professionnelle et de la CFE. Mais également vos frais professionnels : les achats de logiciels (au minimum un bon correcteur), les déplacements éventuels vers les clients ou les salons pros, la réalisation d’un site pro, le matériel, l’électricité, le manger du chat…
  • Vos charges de prévoyances : retraite (parce qu’il vaut mieux éviter de compter sur le RSI), maladie (pour la même raison), vacances parce que vous y avez droit (si, si !)
  • Votre petit bénéfice de fin d’année : parce que si travailler pour vivre et manger c’est bien, travailler pour réaliser quelque chose c’est mieux. Et pour réaliser quelque chose, il faut avoir la possibilité de développer votre entreprise (sans forcément courir après une licorne d’ailleurs). C’est à cela que sert le bénéfice en permettant d’investir. Mais vous pouvez aussi mettre votre bénéfice de côté pour vous plus tard, pour un voyage ou le vétérinaire pour le chat…
  • Votre précarité (eh oui !) : vous êtes entièrement à la disposition des clients et de leurs commandes. Ce qui signifie que vous allez connaître l’attente (non rémunéré) entre deux travaux, les clients qui du jour au lendemain n’ont plus besoin de vos services, et cela sans indemnités chômages ni indemnités de licenciement.

Tous ces frais doivent être calculés et intégrés à ce que vous facturerez à vos clients. Ce qui peut-être très difficile, surtout en début d’activité. D’où l’importance de vous faire conseiller. Pour les chômeurs, le gouvernement a annoncé la mise en place de conseillers « spéciaux » à pôle emploi. Je reste dubitative… cela me semble plus faire partie d’un plan de communication ultralibérale auquel. Un comptable professionnel est, me semble-t-il beaucoup plus approprié… un comptable qui sera en mesure de penser à ce que j’ai moi-même oublié ci-dessus.

Dernière chose : sachez que vous ne pourrez que difficilement rattraper une politique tarifaire trop basse. Parce que lorsque vous en êtes à ce stade, les clients ne vous emploient pas seulement pour votre formidable plume et votre talent à retenir le lecteur, ce dont je ne doute pas… mais surtout parce que vous leur fournissez un travail « à pas cher ».

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Réformée… mon orthographe

Je pleure mon I dans l’ognon.

Je range mon portemine,

Et je quitte mon ile, chapeau bas.

Tel un vanupied je m’en vais.

Pas de quoi greloter pour autant,

Le vieux charriot de la réforme va-t-il nous emporter ?

Nous, les écoliers d’avant.

Avec nos lignes et nos dictées,

Notre orthographe à la con,

Nos dictionnaires et nos Bescherelle.

Tout ça pour quelques mots ?

Dis-moi monsieur Google, comment ça s’écrit maintenant poulailler ?

 

Je crois qu’il est temps de partir en weekend… :D

Que celui ou celle qui sait ce que signifie tavaïole (nouvelle graphie également) me jette la première pierre.

PS : la liste de cette réforme de l’orthographe datant de 1990 (déjà !) c’est .

 

 

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Solder l’année 2015, dire bonjour à 2016

Ainsi va la vie. Ici, sur le web où ailleurs, les derniers et premiers temps des années sont pour les uns l’occasion de tirer un bilan et pour les autres d’y dessiner des espoirs.

Bien entendu, en ce dernier jour de 2015, le tableau de l’année passée tend plutôt vers l’horreur (et penser très fort en ce moment à l’enterrement de la sardine de Goya). Et les espoirs du 1er janvier 2015 semblent aujourd’hui bien vains. Quelques journaux (le Parisien) tentent de trouver, malgré tout, de bonnes nouvelles dans les mois qui viennent de s’écouler. D’autres nous exhortent à faire « quand même » la fête pour accueillir l’année 2016 que l’on nous souhaite « moins mauvaise ».

Alors se pose la question de la raison d’être des vœux lorsque tout semble encore plus insaisissable et que les événements ne sont que sable glissant entre les doigts. Se pose aussi la question de l’espoir, celui qui chaque matin, devrait guider nos gestes et qui parfois nous quitte devant l’âpreté de cette vie.

Mais il faut le dire, bilan et vœux sont avant tout symboliques. Ils sont de ces rituels qui évoquent l’appartenance à une société, qui bon an, mal an, et jusqu’à maintenant, espère-ait toujours mieux pour ses semblables. Des signes assez forts pour me faire oublier un temps les questions et vous souhaiter à tous, une très douce et très belle année 2016.

 

À toi surtout, qui forte de ton courage, doit encore livrer bataille…

 

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J’ai grandi avec le FN (et ça fait suer)

Et c’est le cas sans doute de tous ceux qui ont moins de 50 ans.

Si un jour on me demande pourquoi le FN a fait un tel score, dans mon village des Vosges, je dirai simplement que lorsque l’on grandit au côté d’un chien-loup, il y a de grandes chances pour qu’un jour on n’ait plus peur de ses crocs…

Déjà en 1986

Comme pour beaucoup, l’extrême droite est réellement entrée dans ma vie en 1986. J’avais 16 ans et je crois, très peu de conscience politique. En 1981, le jour de l’élection de Mitterrand mon père m’avait hurlé de rentrer à la maison alors que je jouais avec mes cousines. Simplement parce que mon oncle sabrait le champagne. Pour moi, la politique ce ne fut longtemps que ça : un truc qui divisait les gens, même au sein des familles.

Je n’ai jamais réellement discuté politique avec mon père. Je connaissais ses opinions et j’avais entre aperçus sa collection de livres sur De Gaulle. Il était ouvrier et votait RPR. Alors, autant dire que les votes paradoxaux, je connais… Je crois que Sarkozy l’avait beaucoup déçu. Aujourd’hui, je ne sais vraiment pas pour qui il se serait décidé s’il était encore en vie.

En 86, lorsque les députés du FN sont entrés à l’assemblée, il me restait un peu plus de deux ans avant de pouvoir voter. Et pour la première fois, mon père et mon oncle étaient en partie d’accord. Sauf que mon père était encore plus furieux après les socialos. Moi, à ce moment-là j’avais des amis punks. Et je vomissais le racisme. En 1988, au moment des présidentielles, il me manquait encore quelques mois pour avoir 18 ans. Mais j’avais suivi l’élection et j’avais vu les (quasi) 15 % d’un Jean-Marie Le Pen. Moi, fille de l’est, plongée dès son plus jeune âge dans l’histoire de la région et dans les malheurs des deux grandes guerres, je me souviens avoir eu de la peine. Heureusement, un an plus tard, la chute du mur m’avait redonné un peu d’espoir. Revenait la fraternité.

Finalement cela fait 30 ans que le FN régit mon vote

En 92, j’ai dit oui à Maastricht. Pour moi, l’Europe devait se faire à tout prix, même au prix de sacrifices. Surtout pour lutter contre la haine de l’autre. Je rêvais un peu naïvement d’être un jour la citoyenne d’un monde sans frontières.

J’ai, je crois, très vite intégré le vote « utile ». Traumatisée par mon expérience familiale de 81 et les engueulades répétées entre mon père et mes oncles, j’ai longtemps voté au centre. Puisque la politique divisait, c’était aussi une façon pour moi de ne pas choisir. Mais lors des deuxièmes tours, je votais systématiquement contre le FN lorsqu’il le fallait. C’est pour cette raison également que j’ai très peu manqué l’appel des urnes : pour ne pas me sentir responsable de la montée du FN.

Quand j’y réfléchis, cela fait donc 30 ans que l’extrême droite régit en partie mon vote. À la manière d’un pickpocket ultra-doué et avec l’appui des autres politiques. Dimanche soir au second tour des élections régionales ce sera encore le cas. Simplement parce que certains, à force de se faire ravir leurs votes, à force de vivre à côté du chien-loup et à force de mise en garde sans qu’il ne se passe rien, ont oublié le danger. Mais les crocs sont toujours là. Et tout le monde sait qu’un chien-loup ne se transforme jamais en agneau. Même dans les contes.

Moi, je ne sais plus à qui je dois en vouloir…

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