Penser et écrire accessibilité web (Partie 3)

Réaliser un site web accessible est un travail d’équipe. Les concepteurs et les développeurs web construisent l’ossature. Celle-ci doit être équilibrée et sans aspérités, pour permettre à tous d’accéder au site avec le moins de difficultés possible. Le rédacteur web fournit la chair du site : son contenu. Si ce contenu bloque (pour une raison ou pour une autre) la navigation d’un certain nombre d’internautes, le travail fait en amont est perdu.

Petite liste non exhaustive des bonnes pratiques que tout rédacteur devrait connaître.

Structurez correctement le contenu sur le fond et sur la forme

  1. Utilisez les titres et respectez leur hiérarchie : pas de <h3> sans <h2> antérieur par exemple ;
  2. Balisez correctement les listes : celles-ci ne doivent pas être indiquées par de simples tirets mais bénéficier de la balise correspondante (liste à puces : <ul>, liste de définitions <dl> et liste numérotée <ol>)

Pour qui et pourquoi est-ce important ? Pour les personnes utilisant des lecteurs d’écrans qui se voient ainsi restituer une information cohérente. Mais également pour les personnes à mobilité réduite (handicap moteur et/ou technologique) qui peuvent naviguer plus rapidement (de titre en titre) à l’intérieur de l’article.

 Rédigez un contenu compréhensible par le plus grand nombre

  1. Utilisez un vocabulaire simple et facilement accessible : employez un langage courant et en cas de contenu technique ne s’adressant pas à des professionnels, explicitez les termes et le jargon employés si nécessaire.
  2. Précisez à quoi correspondent les acronymes ainsi que les abréviations les moins courantes : faites-le pour la première occurrence présente dans votre article.
  3. Ne justifiez pas votre texte et préférez des interlignes de 1,5 cm : évitez également les sauts de lignes multiples inutiles.
  4. Indiquez les ruptures : changement de langue ou citations.

Pour qui et pourquoi est-ce important ? Pour tout le monde, puisque le vocabulaire est toujours une histoire personnelle et que ce qui peut vous sembler facilement compréhensible ne le sera pas forcément pour le voisin. Quant à la justification du texte, elle est rédhibitoire pour les personnes souffrant de dyslexie en raison des espaces différents entre les mots.

 Offrir un contenu hypertextuel et/ou multimédia intelligible

  1. Choisissez soigneusement l’intitulé des liens : il faut que celui-ci soit pertinent et explicite. Ceci afin de permettre au lecteur de comprendre pourquoi existe un lien et où il mène (n’oubliez pas non plus de renseigner la balise <title>)
  2. Décrivez avec pertinence vos contenus multimédias : renseignez pour cela la balise Alt de vos images et de vos vidéos. En moins de 80 caractères.

Pour qui et pourquoi est-ce important ? Pour tous ! Mais plus particulièrement les personnes en situation de handicap technologique ne permettant pas l’affichage des images (bas débit, navigateur texte) mais surtout et évidemment pour les personnes ayant un handicap visuel.

 

Il existe bien entendu d’autres bonnes pratiques, certaines concernant également l’intégration du texte au sein d’un site, ce que peut être amené à faire un rédacteur. Pour plus de renseignements sur l’accessibilité web, je vous conseille la lecture :

Handicap Sign

Penser et écrire accessibilité web (Partie 1)

Nous parlons malheureusement rarement, mes clients et moi, d’accessibilité web. Pourtant, je suis persuadée que nous avons tout à gagner à penser rédaction web en terme de contenu ouvert à tous. Mais sans doute faut-il déjà définir ce que l’on entend par accessibilité web et savoir où l’on en est.

L’accessibilité web ou le web pour tous

Le W3C (World Wide Web Consortium – organisme international chargé d’établir les recommandations de comptabilité pour les technologies du web) défini ainsi l’accessibilité web :

Mettre le Web et ses services à la disposition de tous les individus, quels que soient leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique, ou leurs aptitudes physiques ou mentales.

En 2008, ce même organisme publie les Règles pour l’accessibilité des contenus Web (WCAG) 2.0. En décembre 2012, l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et la Commission électronique internationale (CEI) annoncent la validation de ces règles en tant que Norme ISO (ISO/CEI 40500:2012). Cette validation permet de renforcer la connaissance de règles cohérentes, applicables et utiles à tous.

Car l’accessibilité du web concerne aussi bien les personnes en situation de handicap que les débutants, les personnes âgées mais également les propriétaires de tablettes ou de Smartphones, les internautes à bas débit…

La loi française

En France, les sites publics sont soumis à l’article 47 de la loi du 11 février 2005 qui stipule que :

 Les services de communication publique en linge des services de l’État, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées.

En 2009, est publié le RGAA (Référentiel général d’accessibilité pour les administrations – pdf  0.411 mo) auquel doivent (devraient) se conformer, depuis fin 2012, tous les services de communication en ligne de l’État et des établissements publics.

Les sites privés (E-commerçants, banques, transports aériens…) n’ont eux, aucunement l’obligation de prendre en compte les recommandations du WCAG 2.0.
Passage handicapé