Auto entrepreneur et future réforme Pinel

 

Dis papa, c’est quand qu’on va où ?

C’était une des promesses du candidat Hollande durant la campagne présidentielle : le statut de l’auto entrepreneur serait réformé. Pour le quand, cela semble presque réalisé : suivant le communiqué de Mme Sylvia Pinel Ministre de l’Artisanat ce sera pour septembre. Pour le « on va où ? », la réforme touchera principalement les créateurs exerçant à temps plein.

On va où ? Restriction dans la durée et accompagnement

La plus retentissante des mesures annoncées dans le communiqué concerne la limitation dans la durée du statut d’auto entrepreneur. En résumé, l’auto entreprenariat ne pourra plus être exercé en tant qu’activité principale que sur une durée allant de 1 à 5 ans (ce point sera défini durant l’été). Ce qui exclura donc de pérenniser toute entreprise sous cette forme. Les personnes exerçant en parallèle (avec une retraite, un emploi salarié ou un congé parental) ne seront pas impactées par cette mesure, « afin de permettre aux Français, notamment ceux ayant des revenus modestes, d’avoir un revenu d’appoint » dixit Mme Pinel.

L’autre mesure annoncée, concerne la mise en place d’un accompagnement des auto entrepreneurs. Et tout n’étant pas négatif, c’est là une excellente mesure, si elle a pour but, justement, de permettre et d’encourager le passage vers d’autres formes d’entreprenariat. Mais cette mesure ne sera positive que si, et seulement si, cet accompagnement est réalisé par de véritables professionnels (qui connait pour les avoir testé les accompagnements de chômeurs faits pas des prestataires externes à Pôle Emploi peut comprendre à quoi je fais allusion). À suivre donc…

Et qu’est-ce qu’on fait alors ?

On peut déjà signer la pétition mise en ligne par defensepoussins.fr {#pioupiou} !

On peut également se dire que si ces mesures sont prises, il nous restera 3 solutions, à nous les auto entrepreneurs à temps plein installés depuis quelques années :

  • La plus pragmatique : calculer en ligne les charges prévisionnelles au cas où l’on se trouve obligé en septembre d’opter pour un autre statut, et se rendre compte que c’est envisageable… ou pas (malheureusement) ;
  • La plus optimiste : prendre au mot Mme Pinel en ne faisant de son auto entreprise « qu’un revenu d’appoint » et pour cela, décrocher le cdi de rêve, celui qui laisse suffisamment de temps libre tout en payant assez pour permettre de continuer à développer en parallèle sa petite entreprise (je n’ai pas dit réaliste !)
  • La plus pessimiste : se tourner vers (ou retourner à) la case Pôle Emploi et souvent aux minimas sociaux. Ce qui permettrait tout de même (maigre consolation) de continuer à exercer en activité secondaire finalement…

En septembre, que restera-t-il du statut de l’auto entrepreneur ?

Je vais déplaire mais je dirais peut-être ce pour quoi il a été réellement créé. Au-delà de la « rampe de lancement (et non du parking) de nouvelles entreprises » que l’on nous a vantée en son temps, la véritable finalité de ce statut n’était-elle pas d’entériner le fait qu’il soit quasi-normal de nos jours, d’exercer deux voire trois activités ? Pour, dans certains cas, pallier la trop faible rémunération tirée du métier principal.  Et en 2009, souvenons-nous, que cela s’inscrivait tout à fait dans le slogan « travailler plus pour gagner plus ».

Aujourd’hui, les auto entrepreneurs (dont je suis) aimeraient juste pouvoir continuer à travailler…

 

Orage sur la plaine...

 

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