Combien pour un internet gratuit ?

Traduire en dix langues et confronter ce que la presse européenne et mondiale écrit de plus neuf etoriginal sur l’Europe. Non pas l’Europe institutionnelle, déjà bien relayée, mais l’Europe telle que la vivent les femmes et les hommes. Profession de foi Presseurope – 26 mai 2009

Presseurope s’est tu, le 20 décembre 2013, faute de financement. Presseurope, c’était un ensemble de plus de 100 journalistes, traducteurs et correspondants qui relayaient gratuitement et en 10 langues les meilleurs articles de la presse européenne et mondiale sur la vie des Européens (dont nous, vous, moi). C’était, à mes yeux, surtout une façon de connaitre l’autre (que dit-il, que pense-t-il, que veut-il ?)

L’utopie du libre et gratuit à l’épreuve de la valeur de l’humain

Presseurope s’est donc tu fin décembre et au-delà de ce silence c’est toujours la question du « libre et gratuit » qui se pose. Cette douce utopie à laquelle nous aimerions encore croire et à laquelle d’ailleurs certains croient encore…  Récemment, une amie me disait en parlant de sa présence sur un réseau social : « Oh ! Tu sais, moi j’y suis mais ils ne gagnent rien avec moi ! » (ils dans sa conception, étant la firme propriétaire dudit réseau et le rien venant du fait qu’elle ne consomme effectivement pas de services payants). Combien sont-ils comme elle à vouloir ignorer que cette firme en réalité capitalise sur sa seule présence et sur ses données personnelles ?

De même, il y a de cela quelque temps mois, Laurent Chemla (lui-même grand défenseur du libre et gratuit devant l’éternel) se fendait d’un article qui encensait le SAV d’Amazon (qui il est vrai, est extrêmement réactif). Pourtant lui aussi oubliait, dans son emportement à défendre ce modèle économique, ce que tout le monde savait déjà : que le géant américain capitalise sur l’humain dans ses entrepôts. Et puis comment oublier que le prix à payer pour des Amazon, c’est la fermeture de tas de petites boutiques où les « gens » se retrouvaient quelquefois et échangeaient ? Réellement et pas au travers d’un réseau social où leur vie est évaluée selon les valeurs du capitalisme et du cours de bourse. (D’ailleurs en parlant de ça, le bureau SNCF de mon village est menacé de fermeture : vous comprenez, maintenant avec internet, tout cela coute trop cher…)

Mais finalement, les questions que je me pose sont peut-être simplement : combien est-ce que je vaux en réalité en tant qu’utilisatrice-consommatrice d’internet ? Et surtout, quelle est la valeur réelle de tout ce que j’y lis, y écoute, y regarde, y consomme ?

Et serais-je vraiment prête à renoncer au gratuit pour un peu plus de liberté ?

En attendant, pour connaitre Presseurope, c’est ici. Et pour signer la pétition Presseurope, c’est là.

statue de la liberté - xpression-ecrite.com
By Bourdaire (Own work) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC-BY-SA-3.0-2.5-2.0-1.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

2 thoughts on “Combien pour un internet gratuit ?

    1. Oui ou le mariage de la carpe et du lapin :o)
      (En parlant de mariage, j’ai failli répondre à ton article sur ton blog mais tout avait déjà été dit… en parlant de lapin je serais plutôt tortue !)

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