Je m’appelle Sarah…

 

Je suis arrivée ici, je ne sais comment… ou alors, je ne le sais que trop…

J’ai vécu à Reims et à Perpignan. Alors je m’appelle Sarah… Sarah Mastouri. Parce que lorsque l’on vit quelque part on a forcément un nom et un prénom. Ne serait-ce que pour le facteur.

Que deviendraient les villes si les habitants y étaient anonymes ?

J’ai fait des études de Sociologie à Lyon. Alors je m’appelle Sarah… Sarah Mastouri. Parce que lorsque l’on fait des études, on a forcément une identité. Il faut bien que l’on s’inscrive et que les professeurs nous nomment.

Que deviendraient les salles de classe si les élèves y étaient anonymes ?

Je suis dans cet hôpital de Thuir : un hôpital psychiatrique me disent-ils. J’y suis arrivée après mon hospitalisation pour agression. Alors, je me nomme Sarah… Sarah Mastouri.  Car lorsque l’on est hospitalisé, on remplit des papiers, on écrit son nom.

Que deviendrait les hôpitaux si les malades y étaient anonymes ?

Et puis aussi, je suis née en Algérie, le 4 juillet 1984. Alors, je me nomme Sarah… Sarah Mastouri. Parce que lorsqu’un bébé nait, on le nomme. Même un bébé abandonné finit par avoir un nom et un prénom.

Que deviendrait le monde si les hommes étaient anonymes ?

 

Je m’appelle Michelle et ma mémoire m’a fui, alors je l’invente…

L'homme qui marche

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