Prism, données personnelles et consentement indubitablement donné

 

1949 : 1984, roman d’anticipation de Georges Orwell mettant en scène Big Brother est publié.

1995 : le parlement et le conseil européen publient une directive (95/46/CE) relative à la protection des données personnelles. Est prévu dans cette directive que : « le traitement de données à caractères personnel ne peut être effectué que si :

a)    La personne concernée a INDUBITABLEMENT donné son consentement »

Indibutablement signifiant dans ce cas « certainement ». Depuis cette directive, nous (internautes) sommes censés avoir acceptés que nos données personnelles soient utilisées à « toutes fins utiles » si nous ne nous y opposons pas (qui ne dit mot consent aux petites lignes écrites au fond du site ou dans les CGU jamais lues).

2010 : l’excellent et regretté site OWNI (qui nous prouve, oh combien, que même sur le net ce sont souvent les meilleurs qui partent les premiers) publie une infographie intitulée « Qui vous observe ? L’absence de vie privée sur internet ». Cette infographie nous apprend, que potentiellement, elles auraient été en 2010, 1 802 330 457 personnes à avoir accès à mes et vos données.

2012 : La commission européenne dans une proposition de règlement se penche sur l’idée d’un consentement explicitement donné (« par une déclaration ou par un acte explicite » de l’utilisateur avant toute utilisation de ses données personnelles) plutôt qu’un consentement indubitablement donné dont l’interprétation laisse souvent à désirer.

27 mai 2013 : La Quadrature du Net nous apprend dans Privacy alert #1 que Facebook, Google, Microsoft, Amazon et Ebay se sont manifestés auprès de députés européens pour que le terme de consentement explicite soit écarté de la proposition élaborée par la Commission européenne.

Juin 2013 : le Washington Post publie les révélations d’un agent de la NSA Edward Snowden sur le programme PRISM. Le monde entier y apprend entre autres que la NSA dispose « d’un accès direct aux serveurs US des fournisseurs de services suivant : Microsoft, Yahoo, Google, Facebook, Paltalk, AOL, Skype, YouTube et Apple » (cf. point précédent)

Conclusion : indubitablement, certainement, indéniablement, assurément et sans aucun doute, j’ai comme l’impression que l’on nous prend quelquefois explicitement pour des imbéciles.

Prism
Diapositive montrant les entreprises participant au programme PRISM et les types de données qu’elles fournissent

Pour aller plus loin :

Les recommandations des géants de l’internet adressées aux députés européens (via la quadrature du net)

Le dossier de la CNIL « vos droits, vos traces ».

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