L’art de se poser

Réseaux sociaux, information en continu, site web par millions, frôle-t-on l’indigestion ?

Facebook, twitter, flux RSS… il s’agit aujourd’hui de ne rien manquer dans le monde ou dans notre petit monde à nous, celui de notre famille, de nos amis ou de nos simples connaissances. Et alors que les ventes de tablettes et de smartphones sont vouées à surpasser de loin celle des ordinateurs personnels d’ici 2016 (cf. projection de BI Intelligence et Business Insider), pour certains l’infobésité nous guette.

Connectés au travail, à la maison, dans la rue…

En mai 2001 la France comptait 11,9 millions d’internautes, en janvier 2012 ce nombre s’élevait à 40,24 millions selon médiamétrie. De même, depuis quelques années, l’internet mobile gagne chaque jour du terrain. Cela veut-il dire que l’homo œconomicus s’abreuve d’information jusqu’à plus soif au risque d’implosion ?

En vérité, la société humaine a toujours vécu en réseau et n’a pas attendu le web et encore moins le web 2.0 pour communiquer massivement. Même plus, selon Anaïs Saint Jude et Cynthia Haven, notre ère informatique peut être assimilée au 17e siècle et à ses nouveautés en matière de communication (dont l’invention de l’imprimerie). Nos ancêtres s’étaient alors lancés à corps perdu dans les nouvelles possibilités qui rapprochaient les hommes. Aujourd’hui, Voltaire (qui envoyait entre 10 et 15 lettres par jour) apprécierait sans aucun doute la chance qui est la nôtre de pouvoir envoyer des mails sans avoir à affronter la pluie.

La difficulté actuelle, comme le souligne Anaîs Saint Jude, n’est finalement qu’un problème d’organisation de l’information. N’importe quel internaute se doit d’effectuer un tri dans une avalanche de mots. Et la tâche n’est pas aisée lorsque le cerveau est connecté en permanence. Cette difficulté est d’ailleurs bien connue des professionnels de la rédaction web dont l’une des tâches principales est de structurer correctement les informations qu’ils offrent aux internautes. Demain le tri se fera également à postériori par les moteurs de recherches, les nouveaux algorithmes de Google Panda semblent en tout cas aller dans ce sens. La machine nous simplifiera sans doute bientôt réellement la tâche…

Mais, d’ici là et entre deux tris, internet peut aussi servir à ne rien faire… cela s’appelle l’art de se poser !

 

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